
Transparence: j’ai voulu tester les nouvelles fonctions de recherche de ChatGPT 5. Je lui ai lancé le défi d’explorer le thème de l’attention chez les adultes. Ensuite, j’ai revu et adapté ses trouvailles pour que ça colle à mon ton et à mon avis.
Introduction
Quand j’enseignais, plusieurs participantes et participants m’ont avoué qu’ils n’étaient plus capables de simplement écouter. Ils avaient besoin de faire autre chose en même temps, juste pour « occuper » leur cerveau. L’un m’a même confié qu’il laissait tourner une vidéo YouTube en arrière‑plan pendant mes cours… sans son et sans vraiment la regarder. Ça m’a marqué. J’ai validé avec mes patrons, et ils m’ont indiqué que c’était normal dans plusieurs institutions. J’étais surpris… mais j’ai fini par lâcher prise. Et plus j’y pense, plus je me dis que ce n’est pas juste eux : on est plusieurs à avoir perdu l’habitude (ou la capacité ?) de rester concentrés sur une seule chose.
Un déclin avéré de notre capacité d’attention
Ce n’est pas juste une impression. Les recherches de la professeure Gloria Mark (Université de Californie, Irvine) montrent qu’au début des années 2000, un utilisateur moyen restait fixé sur une tâche à l’écran 2 min 30 avant de passer à autre chose. Aujourd’hui : 47 secondes en moyenne. D’autres mesures récentes tournent entre 40 et 50 secondes. Sources : University of California ; Gloria Mark.
Bref, notre attention papillonne beaucoup plus qu’il y a 20 ans. On saute d’un onglet à l’autre, on répond à un message au milieu d’un rapport… et on perd le fil.
Une fragmentation du travail qui coûte cher
Au travail, une étude vulgarisée indique qu’un employé reste concentré en moyenne 12 minutes sur une tâche avant d’être interrompu, et qu’il faut ensuite ≈ 23 à 25 minutes pour revenir pleinement dedans. Source : Duke Today (résumant des travaux UCI). Le neuropsychiatre Théo Compernolle rappelle aussi qu’une simple notification peut réduire l’attention pendant ≈ 2 minutes, et qu’une interruption peut faire perdre jusqu’à 25 minutes. Source : France Travail.
Hyperconnexion et sollicitations incessantes
Les chiffres nord‑américains parlent d’eux‑mêmes. Un sondage 2024 fait état de 205 vérifications du téléphone par jour chez les adultes américains (≈ toutes les 5 minutes). Source : Reviews.org. Côté Canada, le Canada’s Internet Factbook 2024 dresse le portrait de nos habitudes numériques (temps d’écran, usages mobiles, notifications). Source : CIRA (rapport PDF).
Ajoutez les courriels, les alertes, les messages Teams, et les « t’as deux minutes ? ». Résultat : des interruptions à répétition. Comme le souligne Gloria Mark, chaque changement de tâche puise dans notre réservoir cognitif. En fin de journée, plusieurs ressentent une vraie fatigue de cerveau, avec l’impression d’avoir beaucoup bougé… sans avancer.
L’ère de la surcharge informationnelle
Une équipe de l’UC San Diego a estimé qu’en 2008, une personne moyenne aux États-Unis consommait l’équivalent de 34 gigaoctets d’informations par jour tous médias confondus — soit plus de trois fois le volume estimé en 1980. En parallèle, la durée d’exposition aux médias (télévision, radio, journaux, etc.) est passée d’environ 7,4 heures par jour en 1980 à 11,8 heures en 2008. Autrement dit, on passe plus de temps devant des contenus, et la quantité de données reçues chaque jour a explosé. On vit branchés en continu. Texte, image, vidéo, notifications : c’est un flux quasi ininterrompu.
Sources : International Journal of Communication ; rapport HMI 2009 (PDF).
Attention superficielle et perte de sens
Face à ce bombardement, on adopte des réflexes de survie : on scrolle, on zappe, on cherche la petite nouveauté qui fait « clic ». Les applis jouent avec nos circuits de récompense dopaminergiques. Lecture utile : TIME sur l’attention et le téléphone.
Le sociologue Jean Baudrillard parlait déjà « d’implosion du sens » : trop d’informations, pas assez de signification. Sa formule résonne encore : « Il y a de plus en plus d’information et de moins en moins de sens. »
Conséquences sur l’apprentissage et la mémoire
L’attention, c’est la porte d’entrée de l’apprentissage. Si elle flanche, la compréhension et la mémoire suivent. On délègue de plus en plus notre mémoire aux outils numériques : c’est l’effet Google (ou amnésie numérique) : on retient moins le contenu, plus l’endroit où le retrouver. Source : Science.
Autre exemple : le GPS. À force de suivre la flèche, on construit moins sa « carte mentale ». Des travaux menés à McGill montrent une baisse de mémoire spatiale chez les gros utilisateurs de navigation passive. Source : Scientific Reports.
Étudier en multitâche, c’est remplir un seau percé : chaque interruption empêche de bien encoder l’information. Même la lecture change : sur écran, on « scanne » plus qu’on ne lit en profondeur. Maryanne Wolf met en garde contre l’érosion de la lecture profonde. Lecture de référence : The Guardian.
Comment reprendre le contrôle
- Une chose à la fois. Pour une tâche importante, fermez le reste. Pas d’onglets « au cas où », pas de téléphone intelligent à portée. Terminez, puis passez à autre chose.
- Des pauses conscientes. Quand l’attention baisse, levez‑vous, bougez, sortez vos yeux des écrans quelques minutes. On revient plus clair.
- Isolement sensoriel. Chaque jour, imposez‑vous 20 à 30 minutes sans aucune stimulation : pas d’écran, pas de musique, pas de lecture. Juste vous et le silence. Au début, c’est étrange. Rapidement, ça devient un luxe qui fait du bien.
Conclusion
Tester ChatGPT 5 m’a aidé à mettre des chiffres sur un vécu : on évolue dans un environnement qui éparpille l’attention. Le souci n’est pas la technologie en soi, c’est notre usage. Reprendre le contrôle, c’est choisir quand on se connecte et quand on se déconnecte. Et c’est redonner de la valeur à un geste simple : faire une chose à la fois.








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